La commémoration de la journée mondiale du théâtre le 27 mars dernier, a permis aux acteurs des arts et de la culture de réfléchir sur les handicaps et le devenir  du théâtre au Cameroun.

Theatre

Le théâtre camerounais a pris un sérieux coup entre les années 1970 et les années 2000. Il y a eu une période où les commanditaires des pièces n’étaient pas camerounais. A cette période, existaient alors des festivals prévus dans divers pays, avec des lignes éditoriales bien précises. A côté de ceux-ci, il y avait le théâtre fait uniquement pour les camerounais avec la production des grandes pièces à l’instar du procès de madame de Bingono Bingono, Bokassa 1er. Ces pièces qui ont connu à cette époque un succès retentissant restaient en affiche sur les murs du défunt cinéma Abia pendant plusieurs jours. C’était alors les plus beaux jours du théâtre camerounais. Entre cette période-là et les années 2000, beaucoup de choses ont changé.

Les acteurs de la nouvelle génération  déplorent le manque de salle de cinéma, le cout exorbitant des salles qui existent, comme le centre culturel camerounais, le manque de soutien de l’Etat et  l’absence de financement aux acteurs du théâtre. C’est un véritable chemin de croix pour les acteurs qui doivent, ré intéresser le  public et surtout faire face à la concurrence de la télévision « Avec la télévision, vous tournez aujourd’hui et vous diffusez demain. Dès que vous passez trois fois à canal 2 vous devenez une star. Ca fait que, vous commencez à rentabiliser votre popularité. Alors que dans le théâtre classique pratiqué pendant longtemps, tu peux faire 5 ans au théâtre sans que les gens ne te connaissent. Ceux qui te connaissent sont ceux qui vont en salle » explique Eshu Rigo, comédien producteur. Malgré la concurrence de la télévision et du cinéma, le théâtre ne baisse pas les bras, il subsiste à cause de son public resté fidèle malgré l’absence de salles de cinéma.

Comment surmonter la pente. La journée mondiale de théâtre a favorisé des réflexions autour du thème « structuration du jeu et impact des contenus dans la société ». Ici les acteurs des arts et de la culture ont convenu d’un commun accord qu’il faut créer des pièces de théâtre touchants et avoir la garantie de les jouer dans les dix régions du Cameroun à travers les centres culturels camerounais. En plus, le Cameroun devrait copier l’exemple des autres pays qui soutiennent et qui subventionnent le théâtre.

En plus des réflexions, cette journée a été marquée par  le passage des pièces de théâtre jouées par les élèves du primaire, du secondaire et du supérieur, venus de plusieurs établissements de la ville de Yaoundé. 15 minutes à chaque groupe ont suffi, pour aborder dans ces présentations, des problématiques liées au vivre-ensemble, à l’impact des réseaux sociaux, aux droits des femmes et au tribalisme.   

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