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Le drame qui s'est déroulé vendredi dans la localité de Tlahuelilpan, à environ 120 km au nord de Mexico, après le percement clandestin d'une canalisation par des trafiquants de carburant, donne à ce jour un bilan de 73 morts et 74 bléssés.

L’explosion d’un oléoduc au Mexique ravive la mémoire camerounaise sur celle qui s’est produit le 14 février 1998 au Cameroun. Un grave incendie se déclencha au quartier Nsam de Yaoundé, faisant au moins 200 morts. Ce jour-là, des milliers de personnes se sont précipités autour de deux wagons de la Société camerounaise de dépôts pétroliers (Scdp) tombés aux premières heures de la journée. Pour eux, ces wagons remplis d’essence représentaient une manne providentielle. Alors, chacun s’est servi jusqu’au moment où le pire est survenu. Un train faisant la manœuvre a vu un de ses wagons plein de carburant se détacher pour aller cogner un autre wagon. Les wagons qui se renversaient, laissaient alors échapper l’essence qu’ils transportaient. Pendant près de 4 heures, les populations venant des alentours du lieu d’accident et même d’ailleurs, se ravitailler sans se soucier du danger. L’irréparable s’est produit lorsque le feu s’invita à la fête, transformant les lieux en un gigantesque brasier alimenté par plus de 100 000 litres d’essence. A l’arrivée, ce sera près de 200 victimes, de nombreux brûlés disséminés à travers différents centres de santé de la place.

Aujourd’hui, c’est une situation similaire qu’on vit au Mexique depuis le 18 janvier. La fuite d’un oléoduc a attiré quelques centaines d'habitants, dont des familles entières, venus récupérer du carburant munis de seaux et de jerrycans, alors qu'une pénurie touche le pays à la suite de l'offensive du gouvernement contre ces vols. Peu avant le drame, on pouvait voir des gens marcher à travers champs munis de récipients vers un grand geyser de carburant sous le regard indifférent de soldats. Des images prises juste après l'explosion montrent des personnes terrifiées, certaines en flammes, courant et appelant à l'aide dans la nuit. Le procureur général par intérim, Alejandro Gertz, à qui a été confiée l'enquête, a évoqué une origine "intentionnelle" car "quelqu'un a perforé (l'oléoduc) et l'incendie est une conséquence de ce crime".

Pénurie d'essence

Cette tragédie survient alors que le président Andres Manuel Lopez Obrador met en œuvre une stratégie nationale contre le vol de carburant, un fléau qui a fait perdre quelque 3 milliards de dollars en 2017 à l'Etat mexicain. Plus de 10.000 siphonnages ont été enregistrés cette même année sur les canalisations de l'entreprise publique Pemex, selon des chiffres officiels.

Certains gangs ou de simples familles volent ainsi du carburant qu'ils revendent ensuite au marché noir, notamment dans l'Etat de Puebla (centre), épicentre du phénomène connu sous le nom de "Huachicol. Autour de cette pratique illégale s'est même développée une culture locale avec chansons populaires et figures religieuses portant un bidon et un tuyau en plastique. Dans certains secteurs, des stations-service officielles distribuent même du carburant volé. Depuis deux semaines, plusieurs oléoducs ont été fermés par le gouvernement qui cherche à stopper ces vols. Cette stratégie a provoqué une pénurie de carburant dans une dizaine d'Etats du pays, dont la capitale, où de longues files d'attentes étaient visibles devant les stations d'essence, même si la situation revenait peu à peu à la normale à Mexico, grâce à des livraisons par camion.

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